L’arrestation de 61 ressortissants marocains en Algérie suscite de nombreuses interrogations sur les circonstances de l’affaire et les éléments avancés par les autorités algériennes. Annoncée le 11 octobre 2026 par la Direction générale de la Sûreté nationale, l’opération est présentée comme le démantèlement d’un réseau criminel international soupçonné de préparer des actes de sabotage à Oran.
Selon le communiqué officiel, les personnes arrêtées seraient entrées en Algérie depuis la Tunisie, en empruntant des passages montagneux et des chemins forestiers isolés dans la région d’El Kala. Elles auraient ensuite rejoint Oran, dans l’ouest du pays. Les autorités mentionnent également la présence d’un ancien militaire marocain parmi les suspects.
Toutefois, le communiqué ne précise ni la date exacte des arrestations ni la nature des actes qui auraient été préparés. Les éléments rendus publics évoquent des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros. Aucune arme n’est mentionnée dans cette présentation officielle. Ces informations ne permettent pas, à elles seules, d’établir la réalité des accusations portées contre les personnes interpellées.
Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions entre le Maroc et l’Algérie. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis août 2021, sur fond de désaccords politiques et régionaux. Depuis, les accusations mutuelles et les restrictions de déplacement ont contribué à creuser davantage le fossé entre les deux voisins du Maghreb.
En juillet 2026, les autorités algériennes avaient déjà annoncé l’arrestation de six personnes présentées comme membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dont quatre ressortissants marocains. Elles les soupçonnaient de vouloir perturber les élections législatives. Un mois plus tard, la télévision publique avait diffusé des déclarations présentées comme des aveux.
La nouvelle arrestation de ressortissants marocains ravive ainsi les préoccupations concernant leur situation juridique et les conditions dans lesquelles les procédures seront conduites. Les personnes mises en cause doivent pouvoir bénéficier des garanties prévues par le droit, notamment l’accès à un avocat, un procès équitable et, selon les règles applicables, une assistance consulaire marocaine.
L’affaire intervient également dans un contexte politique sensible en Algérie. Les difficultés économiques, la hausse du coût de certains produits alimentaires et les tensions liées à l’approvisionnement en eau alimentent les préoccupations d’une partie de la population. Les chiffres officiels cités dans le débat public font aussi état d’une participation de 20,79 % aux élections législatives du 2 juillet 2026.
Sur le front migratoire, les données de Frontex mentionnées dans les informations publiées font état de 7 910 ressortissants algériens détectés en situation irrégulière aux frontières de l’Union européenne entre janvier et août 2026. Ces départs illustrent les difficultés auxquelles une partie de la jeunesse algérienne est confrontée, notamment en matière d’emploi et de perspectives économiques.
Un autre enjeu se profile à la fin du mois d’octobre, avec l’examen attendu par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une nouvelle résolution sur le Sahara. La résolution 2797, adoptée en 2025, constitue un élément important du cadre diplomatique autour du dossier. La proximité de cette échéance nourrit les interrogations sur les répercussions politiques possibles de l’affaire des 61 Marocains, sans qu’un lien direct soit établi à ce stade.
Pour le Maroc, la priorité demeure la protection de ses ressortissants et le respect de leurs droits. L’évolution du dossier dépendra des éléments présentés par la justice algérienne, des conditions de détention et des garanties accordées aux personnes arrêtées. À ce stade, les accusations relayées par les autorités algériennes restent à examiner dans le cadre d’une procédure judiciaire.




