Le Maroc pourrait franchir une nouvelle étape dans le développement de son industrie de défense. Le groupe canadien INKAS Aerospace & Defense négocie l’installation d’une usine de véhicules blindés et de drones, avec une implantation envisagée dans la région de Casablanca.
L’investissement pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dirhams. Selon le représentant de l’entreprise au Maroc, l’enveloppe nécessaire se situerait entre 50 et 400 millions de dirhams, en fonction de l’ampleur du projet. Aucun calendrier définitif n’a encore été communiqué.
Les discussions ont été évoquées lors du Marrakech Air Show 2026, organisé du 7 au 10 octobre sur la base aérienne des Forces Royales Air. En marge de cet événement, INKAS a également signé un mémorandum d’entente avec MEDZ, filiale du groupe CDG spécialisée dans le développement et la gestion de parcs industriels.
Ce rapprochement intervient alors que le Maroc cherche à renforcer ses capacités industrielles dans les secteurs stratégiques. Une éventuelle implantation pourrait favoriser la création d’emplois qualifiés, le transfert de compétences et le développement d’une expertise locale dans les technologies de défense.
À Marrakech, le constructeur canadien a présenté plusieurs équipements destinés aux forces armées et aux services de sécurité. Parmi eux figure le M1 MRAP, un véhicule blindé conçu pour résister aux mines et aux attaques par embuscade. Il peut être configuré pour le transport de troupes, la reconnaissance, le commandement ou l’évacuation médicale.
Le véhicule intègre également un système de protection contre les drones, une capacité qui prend une importance croissante dans les opérations militaires modernes.
INKAS a aussi exposé le MLTV, un véhicule tactique léger et modulaire adapté aux missions de patrouille, d’intervention rapide et de transport protégé.
La lutte contre les drones constitue un autre axe de son offre technologique. L’entreprise a notamment présenté l’Anuri UAV, un intercepteur modulaire guidé par intelligence artificielle. Ce dispositif est destiné à contrer différents types de drones susceptibles de menacer les installations militaires et les infrastructures critiques.
Le groupe a par ailleurs dévoilé son écosystème de sécurité intérieure pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Celui-ci comprend API-PNR, une solution permettant aux autorités habilitées d’analyser les informations relatives aux voyageurs avant leur arrivée, afin d’améliorer l’évaluation des risques aux frontières.
Pour le Canada, ce partenariat s’inscrit dans une démarche de diversification des chaînes d’approvisionnement et de développement des coopérations industrielles dans les secteurs stratégiques. L’ambassade du Canada au Maroc y voit également une opportunité de renforcer les échanges technologiques entre les deux pays.
La concrétisation du projet industriel reste toutefois conditionnée à l’aboutissement des négociations. Le site exact, le montant définitif de l’investissement et les capacités de production de la future usine restent à préciser.




