Le Maroc renforce son ambition dans l’industrie de défense avec un nouveau programme consacré aux systèmes autonomes. Harmattan AI et les Forces armées royales (FAR) ont annoncé le développement d’IRIFI lors du Marrakech Air Show.
Une lettre d’intention a été signée le 7 octobre. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Abdeltif Loudyi, ministre délégué auprès du chef du Gouvernement chargé de l’Administration de la défense nationale.
Le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des FAR et commandant la Zone Sud, était également présent.
Le projet ne porte pas uniquement sur le développement d’un nouveau drone. Il s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer les capacités marocaines dans les technologies de défense.
IRIFI est présenté comme un système autonome destiné aux missions de frappe dans la profondeur. Sa portée annoncée peut atteindre 2.000 kilomètres.
Le système doit pouvoir poursuivre sa mission après sa validation par un opérateur humain. Celui-ci définit notamment la cible et les paramètres de la mission.
L’autonomie intervient ensuite dans l’exécution. Cette architecture vise notamment les environnements dans lesquels les communications ou les signaux satellitaires peuvent être perturbés.
Harmattan AI indique que la navigation d’IRIFI ne dépend pas exclusivement du GNSS. Le système associe une navigation embarquée à un guidage terminal optique.
Cette combinaison doit permettre au drone de conserver ses capacités de navigation et d’atteindre une précision métrique, y compris lors de vols à basse altitude.
Plusieurs éléments techniques restent toutefois confidentiels. La charge utile n’a notamment pas été dévoilée. Le programme prévoit également un lanceur mobile canistérisé et une architecture conçue pour permettre un déploiement rapide.
Pour le Maroc, l’aspect industriel constitue l’un des éléments majeurs de cette annonce. Harmattan AI prévoit de développer et produire les technologies critiques d’IRIFI sur le territoire marocain.
L’entreprise veut également s’appuyer principalement sur des compétences marocaines. Le projet doit ainsi contribuer à renforcer progressivement les capacités nationales dans l’intelligence artificielle, la robotique et les systèmes autonomes.
Cette orientation fait suite au partenariat conclu en juin 2026 entre Harmattan AI, l’Administration de la défense nationale et les FAR.
L’accord repose sur trois axes. Il prévoit des capacités de fabrication au Maroc, un centre de recherche et développement consacré à l’intelligence artificielle appliquée à la défense et des partenariats avec les établissements marocains d’enseignement supérieur.
Une usine est prévue près de Casablanca. Harmattan AI assure qu’il ne s’agira pas d’une simple activité d’assemblage.
Amir Benmahjoub, directeur général Maroc de l’entreprise, a indiqué que l’objectif est de parvenir à une fabrication complète. La souveraineté industrielle constitue ainsi un élément central du partenariat.
Le programme comporte également une importante dimension liée aux ressources humaines. Harmattan AI souhaite recruter des ingénieurs marocains pour participer à des travaux de recherche et développement.
L’entreprise prévoit aussi de former des opérateurs et de collaborer avec les universités marocaines. L’objectif affiché est de créer une chaîne de compétences allant de la recherche à la production.
Cette stratégie pourrait renforcer l’écosystème marocain dans plusieurs domaines technologiques. L’intelligence artificielle, la vision informatique, les systèmes embarqués, l’électronique et la robotique figurent parmi les compétences nécessaires au développement de ces technologies.
Harmattan AI dispose déjà d’un portefeuille consacré aux systèmes de défense autonomes. L’entreprise développe notamment des solutions de reconnaissance, des systèmes ISR, des intercepteurs de défense aérienne, des technologies de guerre électronique et des systèmes de commandement et de contrôle.
IRIFI vient compléter cet ensemble avec une solution dédiée aux missions de frappe dans la profondeur.
Le partenariat avec les FAR doit également permettre à l’entreprise de mieux intégrer les besoins opérationnels dans ses développements. Les retours des utilisateurs militaires peuvent ainsi intervenir dans les différentes étapes de conception.
Le Maroc apparaît également comme un marché stratégique pour Harmattan AI en raison de ses compétences en ingénierie et de sa volonté de développer une industrie de défense à plus forte valeur technologique.
Le calendrier précis de construction de l’usine n’a pas encore été communiqué. Son implantation est toutefois prévue dans la région de Casablanca.
Les détails concernant le futur centre de R&D restent également à préciser. Harmattan AI annonce de nouvelles informations dans les prochains mois.
Avec IRIFI, le Maroc ne cherche donc pas seulement à intégrer une nouvelle technologie militaire. Le projet vise aussi à développer localement les compétences, les infrastructures et les capacités industrielles nécessaires à la conception de systèmes de défense autonomes.




