Alors que la transmission du patrimoine constitue une préoccupation grandissante pour de nombreuses familles, une étude dévoilée par la Banque CIBC met en lumière un paradoxe frappant au Canada : une très large majorité de citoyens considère le testament comme indispensable, mais près de la moitié n’en possède toujours pas.
Réalisé auprès de 1 200 Canadiens âgés de 30 ans et plus, le sondage révèle que 94 % des répondants estiment qu’un testament est essentiel pour encadrer le transfert des biens et des actifs. Pourtant, seulement 52 % déclarent avoir franchi le pas et rédigé un document officiel.
Les raisons avancées illustrent les difficultés rencontrées dans la planification successorale. Parmi les personnes n’ayant pas de testament, 39 % évoquent la procrastination, tandis que 31 % considèrent ne pas disposer d’un patrimoine suffisamment important pour justifier une telle démarche. Près d’un quart des répondants reconnaissent également ne pas savoir comment entamer le processus.
L’étude souligne aussi que la préparation financière demeure souvent incomplète. Seuls 39 % des Canadiens interrogés affirment disposer d’un plan financier structuré, alors que seulement 29 % indiquent avoir élaboré une véritable stratégie successorale. Ces chiffres mettent en évidence un écart important entre les intentions affichées et les actions concrètement entreprises.
La transmission du patrimoine évolue également dans ses modalités. Selon le sondage, 73 % des personnes qui prévoient léguer des biens privilégient désormais des transferts de leur vivant, soit par des donations progressives, soit par une combinaison de dons anticipés et d’un héritage transmis après leur décès. Cette tendance reflète une volonté croissante d’accompagner les proches tout au long de leur parcours de vie plutôt que d’attendre uniquement le règlement de la succession.
Pour les spécialistes du secteur financier, cette évolution renforce l’importance d’une planification rigoureuse afin de concilier soutien aux générations futures et sécurité financière à long terme. Dans un contexte où les patrimoines familiaux gagnent en valeur et en complexité, la question de la succession s’impose de plus en plus comme un enjeu central pour les ménages canadiens.




