Risque pays : le Maroc reste leader en Afrique du Nord

Le Maroc conserve sa place de pays le mieux évalué d’Afrique du Nord en matière de risque pays, selon la dernière édition du Baromètre des risques pays et sectoriels publiée par Coface en juin 2026. Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement de la croissance mondiale, le Royaume maintient une notation qui reflète la solidité de ses fondamentaux économiques et la confiance accordée à son climat des affaires.

Avec une note « B », le Maroc demeure en tête de la région, devant l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la Mauritanie, tandis que la Libye reste classée dans la catégorie des risques les plus élevés. Cette évaluation traduit un niveau de risque intermédiaire pour les entreprises opérant dans le pays, tout en confirmant la stabilité de l’environnement économique marocain comparativement à ses voisins.

L’étude souligne également que le climat des affaires marocain conserve une appréciation « A4 », considérée comme satisfaisante pour les investisseurs. Cette performance intervient alors que plusieurs économies dans le monde ont vu leur notation ou celle de leurs secteurs d’activité se dégrader sous l’effet des perturbations liées aux conflits internationaux et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Si le Royaume résiste mieux que la majorité des pays de la région, Coface estime toutefois que certaines caractéristiques structurelles continuent de limiter une amélioration supplémentaire de sa notation. La forte présence des très petites entreprises dans le tissu économique, leur accès parfois limité au financement ainsi que le poids de l’économie informelle influencent encore le niveau global du risque de crédit. Ces éléments augmentent les probabilités de retards de paiement ou de défaillances, malgré les progrès réalisés en matière de stabilité macroéconomique.

Le rapport intervient dans un contexte où les conséquences économiques des tensions au Moyen-Orient continuent de se faire sentir. Les perturbations des échanges commerciaux, la hausse des coûts logistiques et les pressions inflationnistes affectent progressivement l’ensemble de l’économie mondiale, y compris les marchés africains.

Pour le Maroc, cette situation présente un double défi. Le pays demeure relativement exposé aux fluctuations des prix de l’énergie en raison de sa dépendance aux importations d’hydrocarbures. Dans le même temps, il bénéficie d’une économie plus diversifiée, d’une politique monétaire prudente et d’un environnement des affaires plus stable que celui de nombreux pays de la région, ce qui renforce sa capacité à absorber les chocs extérieurs.

À l’échelle africaine, Coface prévoit un ralentissement de la croissance économique autour de 3,8 % en 2026 et 2027. Les tensions sur les prix alimentaires, les difficultés d’approvisionnement en intrants industriels et les conditions climatiques défavorables devraient continuer de peser sur les performances économiques de plusieurs États du continent.

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