Québec lance le Mois de l’arbre 2026 avec une mobilisation massive autour du bois

Chaque mois de mai, la forêt redevient un sujet central au Québec. Mais derrière l’aspect symbolique du Mois de l’arbre et des forêts, l’édition 2026 révèle une stratégie bien plus large : repositionner le bois comme un levier écologique et économique face aux enjeux climatiques et industriels.

Portée par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, cette 144e édition s’articule autour du thème « Je choisis le bois », un slogan qui sonne comme un choix de société. L’objectif est clair : encourager l’utilisation de ce matériau dans la construction, l’aménagement et la consommation quotidienne, tout en renforçant la sensibilisation du public à la gestion durable des forêts.

Sur le terrain, la mobilisation prend une dimension concrète. Des centaines de milliers de plants seront distribués gratuitement à travers toutes les régions, grâce à un réseau d’acteurs locaux composé d’écoles, de municipalités et d’associations forestières. Cette approche décentralisée vise à ancrer l’événement dans les communautés, en transformant chaque distribution en geste tangible de reboisement et d’éducation environnementale.

Parmi les initiatives phares, le programme « Mon arbre à moi » poursuit son déploiement avec une dimension presque symbolique : offrir à chaque enfant né ou adopté dans l’année un arbre qui grandira en parallèle de lui. En 25 ans, ce dispositif a progressivement installé une relation émotionnelle entre les citoyens et la forêt, dépassant le simple cadre écologique pour toucher à l’identité collective.

Au cœur du discours gouvernemental, le bois est présenté comme une réponse crédible aux défis climatiques. Matériau renouvelable, biodégradable et capable de stocker le carbone, il s’inscrit dans une logique de transition vers des pratiques plus durables. L’argument est désormais bien établi : utiliser le bois, c’est prolonger la capacité des arbres à capter le carbone, même après leur transformation industrielle.

Mais l’enjeu ne se limite pas à l’environnement. La forêt demeure un pilier économique pour de nombreuses régions, générant des emplois et soutenant des activités multiples, de l’exploitation forestière aux loisirs. Cette double dimension — écologique et économique — explique pourquoi le gouvernement insiste autant sur la valorisation de cette ressource.

À travers cette édition 2026, le Québec cherche à consolider un récit : celui d’une forêt à la fois protégée, exploitée de manière responsable et intégrée dans les choix de consommation. Reste à savoir si cette mobilisation annuelle suffira à transformer durablement les habitudes, dans un contexte où les alternatives industrielles et les pressions environnementales continuent de s’intensifier.

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