Le marché de l’emploi canadien pourrait connaître une nouvelle vague de mobilité au cours des prochains mois. Selon une étude menée auprès de plus de 1 500 salariés à travers le pays, 44 % des professionnels prévoient de rechercher un nouvel emploi durant le second semestre 2026, un niveau en forte progression par rapport aux périodes précédentes.
Cette hausse marque un changement notable dans l’état d’esprit des travailleurs. Après plusieurs années dominées par les préoccupations économiques et la recherche de stabilité, de nombreux salariés semblent désormais prêts à privilégier leurs ambitions professionnelles et leurs attentes personnelles.
Les avantages sociaux arrivent en tête des motivations citées pour envisager un départ. Les perspectives d’évolution de carrière occupent également une place centrale, au même niveau que la recherche d’un environnement professionnel offrant davantage d’opportunités. Une partie importante des répondants estime par ailleurs que leur rémunération ne reflète pas pleinement leurs compétences et leur expérience.
La question de la flexibilité continue également de peser dans les choix professionnels. Les possibilités de télétravail et les modèles de travail hybrides figurent parmi les principaux critères recherchés par les candidats. À l’inverse, parmi ceux qui ne souhaitent pas changer d’employeur, près de la moitié affirment rester principalement pour préserver la souplesse dont ils bénéficient actuellement.
L’étude met en évidence des différences générationnelles. Les travailleurs de la génération Y apparaissent comme les plus enclins à envisager un changement professionnel. Les secteurs des ressources humaines et des technologies affichent également des niveaux particulièrement élevés d’intention de mobilité, illustrant une forte dynamique dans ces domaines où la demande de compétences demeure soutenue.
Parallèlement, l’intelligence artificielle transforme progressivement les règles du recrutement. Plus d’un chercheur d’emploi sur deux estime que les outils d’IA utilisés pour générer des CV et des lettres de motivation ont intensifié la concurrence. En facilitant la production de candidatures, ces technologies augmentent le volume de dossiers reçus par les recruteurs et rendent plus complexe la différenciation entre les profils.
Cette évolution crée un nouveau défi pour les candidats. Alors que les documents générés automatiquement se multiplient, les employeurs accordent davantage d’attention aux réalisations concrètes, aux compétences démontrables et à la capacité des candidats à présenter leur valeur ajoutée de manière authentique.
L’adaptation aux nouvelles technologies constitue d’ailleurs une autre source de préoccupation. Près de la moitié des personnes en recherche d’emploi craignent que leurs compétences ne suivent pas suffisamment le rythme des avancées liées à l’intelligence artificielle. Cette inquiétude souligne l’importance croissante de la formation continue dans un environnement professionnel en mutation rapide.
Pour les entreprises, ces résultats envoient un signal clair. Attirer et retenir les talents ne repose plus uniquement sur le salaire. Les politiques de flexibilité, les perspectives de développement professionnel, les avantages sociaux et les programmes de montée en compétences deviennent des leviers stratégiques dans un marché de l’emploi où les travailleurs reprennent progressivement confiance dans leur capacité à changer de trajectoire professionnelle.




