Le projet de train à grande vitesse reliant Québec à Toronto fait face à une opposition grandissante au Canada. Plusieurs organisations agricoles et forestières demandent au gouvernement fédéral de suspendre son calendrier et de réévaluer les options envisagées avant le lancement des travaux.
Réunis aux côtés d’experts universitaires et de représentants du secteur agricole, les responsables de l’Union des producteurs agricoles (UPA) estiment que le projet soulève encore de nombreuses interrogations concernant son coût réel, son impact environnemental et ses conséquences pour les communautés rurales situées le long du futur corridor ferroviaire.
Au cœur des préoccupations figure la disparition potentielle de terres agricoles et forestières. Selon les estimations avancées, le premier segment entre Montréal et Ottawa pourrait affecter près de 1.700 propriétés, dont plusieurs centaines d’exploitations agricoles. Les représentants du secteur craignent également des répercussions sur l’accès aux services d’urgence, la circulation locale et la continuité des écosystèmes traversés par les futures infrastructures.
Les critiques ne portent pas uniquement sur l’impact territorial. Plusieurs spécialistes remettent aussi en question la pertinence économique du choix du TGV. Ils soulignent qu’une alternative basée sur un train à grande fréquence utilisant davantage les infrastructures existantes pourrait offrir des améliorations significatives en matière de mobilité tout en nécessitant des investissements moins importants.
D’après les analyses présentées lors de cette mobilisation, les bénéfices attendus pour les voyageurs sur plusieurs décennies demeureraient inférieurs au coût total du projet, estimé entre 60 et 90 milliards de dollars canadiens, voire davantage en cas de dépassements budgétaires. Des infrastructures complexes, notamment des tunnels et des viaducs, pourraient alourdir encore davantage la facture finale.
Les opposants au projet rappellent que les grands chantiers ferroviaires internationaux sont fréquemment confrontés à des retards et à des surcoûts importants. Ils plaident pour une étude comparative approfondie entre les différentes options de modernisation du transport ferroviaire avant tout engagement définitif.
Le débat intervient alors que le Canada cherche à moderniser ses infrastructures de transport et à réduire son empreinte carbone. Si l’objectif d’améliorer la liaison entre Québec, Montréal, Ottawa et Toronto fait largement consensus, la méthode retenue continue de diviser les acteurs économiques, les collectivités locales et les experts du secteur.




