La visite annoncée de Felipe VI à Sebta et Melilla ravive les enjeux politiques liés à ces deux enclaves disputées entre l’Espagne et le Maroc. À la veille du déplacement royal, un hélicoptère militaire espagnol de type Boeing CH-47F Chinook a survolé Sebta à basse altitude, selon le quotidien espagnol El Faro de Ceuta.
L’appareil appartient aux unités d’aviation de l’armée de terre espagnole. Il est conçu pour transporter des soldats, des équipements lourds et du matériel militaire. Il peut également intervenir dans des opérations d’évacuation sanitaire et de transport de charges volumineuses.
Aucun élément officiel ne permet toutefois d’établir un lien direct entre ce survol et les préparatifs de la visite royale. L’apparition de l’hélicoptère intervient néanmoins alors que les autorités locales organisent l’accueil du roi Felipe VI et de la reine Letizia.
Ce déplacement revêt une portée symbolique particulière. Depuis son accession au trône en 2014, Felipe VI ne s’est pas rendu officiellement à Sebta. La dernière visite d’un souverain espagnol dans les deux villes remonte à novembre 2007, lorsque Juan Carlos Ier et la reine Sofia s’y étaient rendus.
Le programme annoncé prévoit plusieurs rencontres avec les responsables locaux, dont Juan Jesús Vivas, président du gouvernement de Sebta. Le couple royal devrait également visiter un établissement scolaire ainsi que le cimetière musulman de Sidi Embarek, où reposent notamment des victimes de tentatives de migration vers l’enclave.
Selon la presse espagnole, Felipe VI et Letizia doivent passer la nuit de mardi à Sebta avant de rejoindre Melilla mercredi.
Pour le Maroc, ces déplacements restent sensibles en raison du statut de Sebta et Melilla, deux territoires sous administration espagnole revendiqués par le Royaume. Leur dimension historique et géopolitique continue de peser sur les relations entre Rabat et Madrid, malgré le développement de leur coopération dans plusieurs domaines, notamment la migration et la sécurité.
La portée de cette visite dépasse ainsi le cadre protocolaire. Elle intervient dans un dossier où les gestes institutionnels et les symboles revêtent une importance particulière, même si le déplacement royal ne constitue pas, à lui seul, un indicateur d’évolution de la position espagnole sur le statut des deux enclaves.




