La santé mentale des étudiants au Maroc suscite de nouvelles inquiétudes après la publication d’une étude menée auprès de plus de 1.100 universitaires à Tétouan. Les résultats mettent en lumière une réalité souvent peu documentée : une part importante des jeunes interrogés présente des signes associés à un risque suicidaire, révélant l’ampleur des défis psychologiques auxquels fait face la population estudiantine.
Réalisée auprès de 1.191 étudiants de l’Université Abdelmalek Essaâdi, l’enquête montre que 27% des participants ont été identifiés comme présentant un risque suicidaire au cours du mois précédant l’étude. La majorité des cas recensés relèvent d’un risque faible, mais certains étudiants nécessitaient une prise en charge spécialisée immédiate.
Les chercheurs ont analysé plusieurs facteurs susceptibles d’influencer le bien-être psychologique des étudiants. Parmi les éléments les plus fortement associés au risque suicidaire figurent la consommation de cannabis, les antécédents psychiatriques au sein de la famille ainsi que l’exposition à différentes formes de violence. Les difficultés sociales, économiques et académiques qui accompagnent souvent la vie universitaire apparaissent également comme des facteurs aggravants.
Cette étude relance le débat sur les dispositifs d’accompagnement psychologique dans les universités marocaines. Malgré les efforts engagés ces dernières années, les structures dédiées à la santé des étudiants restent limitées au regard du nombre croissant d’inscrits dans l’enseignement supérieur. Selon les données citées dans le rapport, plus d’un million d’étudiants et plusieurs centaines de milliers de stagiaires sont concernés par ces enjeux à l’échelle nationale.
Les spécialistes appellent ainsi à renforcer les programmes de prévention, à développer des campagnes de sensibilisation sur les campus et à améliorer l’accès aux services de santé mentale. Ils recommandent également la mise en place de mécanismes de dépistage précoce afin d’identifier les situations à risque avant qu’elles ne s’aggravent.
Au-delà des chiffres, cette recherche met en évidence la nécessité d’intégrer davantage la santé psychologique dans les politiques universitaires au Maroc, alors que les établissements d’enseignement supérieur accueillent chaque année un nombre croissant de jeunes confrontés à des défis personnels, sociaux et professionnels de plus en plus complexes.




