La violence en milieu scolaire continue d’alimenter les préoccupations du personnel éducatif au Québec. Alors que le gouvernement provincial a annoncé la réalisation d’une enquête nationale visant à établir un portrait commun de ce phénomène, deux importantes organisations syndicales estiment que les constats sont déjà connus et que l’urgence se situe désormais dans l’action concrète.
La Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) ont réagi à la réponse officielle déposée à l’Assemblée nationale concernant la motion adoptée en février 2026 en faveur d’une enquête sur la violence dans les établissements scolaires. Si les deux fédérations accueillent favorablement cette initiative, elles considèrent que les écoles vivent déjà quotidiennement les conséquences d’un climat de plus en plus difficile.
Selon les représentants syndicaux, les équipes éducatives font face à une hausse constante des besoins des élèves, à des situations plus complexes et à une pression accrue sur les intervenants. Dans ce contexte, ils jugent préoccupante la réduction des ressources disponibles au sein du réseau scolaire.
Les organisations syndicales soulignent notamment qu’entre mai et août 2026, le réseau québécois aurait enregistré une diminution de 2 465 postes de techniciens en éducation spécialisée. De son côté, la FPPE-CSQ affirme avoir recensé la suppression de 499 postes professionnels, une baisse présentée comme la plus importante observée depuis un quart de siècle.
Pour les deux fédérations, ces réductions contrastent avec les engagements gouvernementaux visant à renforcer les services aux élèves et à lutter contre la violence dans les écoles. Elles estiment que les ressources humaines chargées de la prévention, de l’accompagnement et du soutien des jeunes sont essentielles pour répondre efficacement aux enjeux observés sur le terrain.
Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ, rappelle que le personnel de soutien est souvent en première ligne lorsqu’il s’agit de gérer les situations conflictuelles et de maintenir un climat scolaire favorable. Selon lui, les besoins augmentent rapidement alors que les équipes demeurent sous forte pression.
Les syndicats affirment également que les solutions sont déjà identifiées depuis plusieurs années. Ils mettent en avant le renforcement des approches préventives, le travail collaboratif au sein des écoles, la présence accrue de professionnels spécialisés ainsi que l’adaptation des environnements éducatifs. À leurs yeux, la violence scolaire ne peut être traitée uniquement à travers des études ou des statistiques et nécessite un investissement concret dans les ressources humaines.
Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ, estime pour sa part que la reconnaissance officielle de l’ampleur du problème constitue une avancée, mais que celle-ci doit désormais être accompagnée de mesures cohérentes. Elle cite notamment de nouvelles suppressions de postes dans certains centres de services scolaires comme illustration des difficultés auxquelles le réseau est confronté.
Les deux fédérations demandent ainsi au gouvernement québécois d’annuler les compressions prévues pour l’année scolaire 2026-2027 dans les services directs aux élèves, d’augmenter les ressources consacrées à la prévention de la violence, de renforcer les équipes présentes dans les établissements scolaires et d’améliorer les conditions de travail du personnel éducatif.




