Gasoil au Maroc : la hausse des cours internationaux menace de pousser les prix au-delà de 15 DH
Le prix du gasoil au Maroc évolue de nouveau sous l’effet de la hausse des cours internationaux des produits pétroliers raffinés. Le litre se négocie actuellement autour de 14,90 DH, tandis qu’un nouveau renchérissement pourrait faire franchir aux prix à la pompe le seuil de 15,50 DH.
Cette évolution s’explique en grande partie par la structure d’approvisionnement du marché marocain. Le Royaume importe du gasoil déjà raffiné et reste donc directement exposé aux variations des cotations internationales. Le coût final dépend également du transport maritime, de l’assurance, des frais portuaires, des coûts financiers et du taux de change.
Les niveaux observés sur les marchés internationaux donnent une idée de la pression exercée sur le prix à la pompe. Entre la fin juillet et la mi-août, le prix moyen s’est établi autour de 1.250 dollars la tonne. Une fois ajoutés le fret, l’assurance et les différents frais liés à l’acheminement, le coût atteint environ 1.295 dollars la tonne, soit un prix d’accès au port estimé à 10,11 DH par litre.
À ce coût d’importation viennent ensuite s’ajouter les prélèvements fiscaux et les marges intervenant dans la formation du prix. La taxe intérieure de consommation représente 2,42 DH par litre. Les marges brutes sont, quant à elles, estimées à 0,50 DH pour le distributeur et à 0,50 DH pour le gérant de la station-service.
Après prise en compte de ces différents éléments, le prix hors TVA atteint 13,53 DH. Avec une TVA de 10 %, le prix théorique ressort à 14,88 DH le litre, un niveau qui correspond aux quelque 14,90 DH actuellement constatés dans les stations-service.
La prochaine évolution dépendra surtout de la trajectoire des cotations internationales. Si le prix du gasoil raffiné atteint 1.300 dollars la tonne, le coût d’importation pourrait grimper jusqu’à environ 10,70 DH par litre avant l’application des taxes et des marges.
Dans ce scénario, le prix payé par les automobilistes marocains pourrait dépasser 15,50 DH le litre. Une nouvelle hausse pèserait directement sur les ménages, mais aussi sur les coûts de transport et, plus largement, sur les activités dépendantes du carburant.




