Marrakech continue de s’imposer comme l’un des principaux moteurs du tourisme marocain, mais l’essor de la destination pose désormais une question centrale : comment accompagner la hausse de la fréquentation sans accentuer la pression sur les ressources de la ville ?
Les établissements d’hébergement touristique classés de la ville ont enregistré plus de 13,6 millions de nuitées en 2025, soit près d’un tiers du total réalisé à l’échelle nationale. La dynamique s’est poursuivie en 2026 : entre janvier et mai, Marrakech a accueilli plus de 1,65 million de visiteurs pour près de 4,7 millions de nuitées.
Cette progression bénéficie notamment de l’élargissement des liaisons aériennes internationales et de l’arrivée de nouvelles enseignes hôtelières. La destination renforce ainsi son attractivité auprès des marchés étrangers, tout en consolidant son poids dans l’industrie touristique marocaine.
Mais cette croissance intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Marrakech. Le bassin connaît un stress hydrique important, alimenté par la sécheresse, la baisse des précipitations et la diminution des réserves des nappes phréatiques. L’augmentation de la fréquentation touristique vient donc ajouter de nouveaux besoins à ceux déjà générés par les habitants et l’agriculture.
Le secteur hôtelier est directement concerné. Piscines, jardins, parcs aquatiques et parcours de golf figurent parmi les installations nécessitant des volumes importants d’eau. Face à cette contrainte, certaines infrastructures touristiques ont commencé à modifier leurs modes d’approvisionnement et leurs équipements.
Huit parcours de golf ainsi qu’une partie de la palmeraie sont désormais irrigués avec des eaux usées traitées, une solution destinée à limiter la mobilisation des ressources en eau potable. Des établissements touristiques investissent également dans le photovoltaïque, la régulation thermique, les dispositifs permettant de réduire la consommation d’eau et la valorisation des déchets.
L’enjeu dépasse toutefois la seule question de l’eau. L’afflux de visiteurs exerce également une pression croissante sur la circulation, la qualité de l’air, la gestion des déchets et l’urbanisation. Le patrimoine de la médina doit lui aussi composer avec l’intensification de la fréquentation touristique.
Dans ce contexte, le développement de transports collectifs propres et de voies dédiées aux mobilités douces apparaît comme l’une des pistes envisagées pour accompagner la croissance de Marrakech tout en limitant son empreinte sur les infrastructures urbaines.
La performance touristique de Marrakech se joue ainsi sur deux fronts : continuer à attirer davantage de visiteurs tout en renforçant la capacité de la ville à gérer durablement les ressources et les infrastructures sollicitées par cette fréquentation.




