L’ONCF veut faire évoluer en profondeur son dispositif de sûreté à mesure que le réseau ferroviaire marocain s’agrandit. L’établissement public vient de lancer un appel d’offres de 1,08 million de dirhams afin de concevoir l’architecture d’un futur système national associant vidéosurveillance, intelligence artificielle et supervision centralisée à l’horizon 2030.
Le marché lancé par l’Office porte sur une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Il ne s’agit donc pas encore d’acheter les caméras ou les solutions informatiques destinées à analyser les images. La première étape consiste à déterminer comment le futur dispositif devra être conçu, interconnecté et déployé sur l’ensemble du réseau.
L’étude devra notamment identifier les besoins en équipements, les capacités de stockage et de traitement des données, les réseaux de transmission ainsi que l’organisation des centres de supervision. Ces travaux doivent servir de base aux futurs marchés d’acquisition et de déploiement. À ce stade, aucune enveloppe globale n’a été annoncée pour la réalisation complète du système.
Cette réflexion accompagne directement la transformation du rail marocain prévue à l’horizon 2030. L’ONCF prévoit un programme d’investissement de 96 milliards de dirhams, dont 53 milliards pour les infrastructures et équipements de la future ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, sur un tracé de 430 kilomètres.
Le renouvellement du matériel roulant représente également un volet majeur, avec 29 milliards de dirhams consacrés à 168 trains. Le programme comprend notamment 18 trains à grande vitesse fournis par Alstom, 40 trains intervilles de CAF et 110 trains régionaux de Hyundai Rotem.
À mesure que de nouvelles infrastructures apparaissent, les besoins de surveillance s’étendent eux aussi. Le programme ferroviaire prévoit notamment près de 600 kilomètres de voies électrifiées, de nouvelles gares ainsi que neuf centres de maintenance et technicentres. Dans la région de Casablanca, les travaux entre Mohammedia et Nouaceur doivent également permettre d’augmenter la capacité de l’infrastructure avec six voies, dont certaines dédiées à la grande vitesse et aux trains de proximité.
L’intelligence artificielle figure déjà parmi les technologies identifiées par l’ONCF pour moderniser la sûreté ferroviaire. En décembre 2025, l’Office avait accueilli à Rabat le 20e Congrès mondial de la sûreté ferroviaire, organisé avec l’Union internationale des chemins de fer. Les échanges avaient notamment porté sur la digitalisation, l’IA et les systèmes intégrés de surveillance.
Avec le nouveau schéma envisagé pour 2030, l’objectif est désormais de passer d’initiatives technologiques dispersées à une architecture nationale cohérente. Le futur système devra permettre de coordonner les équipements, les outils d’analyse et les différents centres de supervision afin d’accompagner l’extension du réseau.
Pour l’instant, l’ONCF en est encore à la phase de conception. Le montant des investissements qui seront nécessaires, le calendrier de déploiement et les éventuels marchés qui suivront cette étude seront déterminés ultérieurement.




