Washington et Ottawa ont évité, pour l’instant, une nouvelle escalade commerciale. Donald Trump a décidé de suspendre pendant trois jours l’entrée en vigueur de nouvelles surtaxes visant des produits canadiens.
Le président américain affirme que les deux pays sont parvenus à un accord commercial global. La Maison-Blanche doit toutefois encore finaliser les documents nécessaires avant toute confirmation définitive.
Cette pause intervient alors que de nouvelles taxes de 50% devaient frapper certaines importations canadiennes dès mercredi. Elles concernent notamment des produits comme le ciment, la bière et certains équipements sportifs.
L’enjeu financier est important, même si les marchandises visées ne représentent qu’une partie des échanges entre les deux voisins. Le Canada exporte chaque année environ 383 milliards de dollars de produits vers les États-Unis.
Ottawa cherche surtout à empêcher l’élargissement des mesures américaines déjà en place. Des négociateurs canadiens étaient encore à Washington mardi pour tenter d’obtenir des concessions et réduire certaines barrières commerciales.
Le Premier ministre Mark Carney a confirmé des avancées dans les discussions. Il a toutefois estimé que plusieurs points importants restaient à régler avant de pouvoir parler d’un accord définitif.
La principale difficulté concerne les mesures de rétorsion canadiennes. Ottawa et plusieurs provinces avaient imposé des restrictions sur certains produits américains après les précédentes décisions tarifaires de Washington.
L’administration Trump considère ces mesures comme discriminatoires. Elle reproche notamment au Canada d’avoir répondu aux surtaxes américaines par ses propres mesures commerciales.
Cette nouvelle confrontation intervient également alors que l’avenir de l’accord commercial nord-américain reste incertain. L’ACEUM, qui lie les États-Unis, le Canada et le Mexique, prévoit une révision en 2026.
Washington n’a pas encore donné son feu vert à une prolongation de l’accord pour seize ans. Le mécanisme pourrait donc conduire à une prolongation annuelle pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.
Le Canada reste l’un des principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Une grande partie de ses exportations vers le marché américain bénéficie encore des règles de l’ACEUM.
La suspension annoncée par Donald Trump offre donc un court délai aux négociateurs. Mais elle ne met pas fin aux tensions commerciales entre les deux pays.
Les trois prochains jours seront désormais décisifs pour déterminer si la pause débouche sur un compromis durable ou sur une nouvelle confrontation tarifaire.




