Le Maroc prépare de nouveaux outils d’intelligence artificielle capables de mieux comprendre la darija.
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans l’adaptation de l’intelligence artificielle aux usages linguistiques locaux. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et Mistral ont développé deux premiers modèles dédiés au traitement de la darija marocaine.
Le premier modèle est conçu pour identifier automatiquement le dialecte utilisé. Il permet notamment de distinguer la darija d’autres variantes de l’arabe, une fonction qui peut être intégrée à différents services numériques nécessitant une identification préalable de la langue.
Le second outil concerne directement la reconnaissance vocale. Baptisé « Voxtral », il a été adapté aux particularités de la darija afin de transformer automatiquement la parole en texte.
L’un de ses principaux intérêts réside dans sa capacité à gérer les conversations multilingues. Un utilisateur peut ainsi passer de la darija au français ou à l’anglais au cours d’un même échange, sans interrompre le processus de transcription.
Ces technologies pourraient trouver des applications dans plusieurs secteurs au Maroc. Le ministère cite notamment la transcription audio, le traitement de documents multilingues, les services administratifs numériques, l’éducation, les médias et la relation client.
Le projet prend une dimension particulière avec l’ouverture prochaine des deux modèles en open source. Les développeurs, chercheurs, startups, entreprises et administrations pourront exploiter leur code et leurs ressources pour concevoir leurs propres applications.
Pour les services numériques marocains, l’objectif est notamment de mieux prendre en compte une langue très présente dans les échanges quotidiens, mais encore moins représentée dans de nombreux outils technologiques que l’arabe standard, le français ou l’anglais.
Ces deux modèles constituent les premiers résultats rendus publics du partenariat pluriannuel entre le ministère et Mistral. Ils s’inscrivent dans la stratégie « Maroc Digital 2030 » et dans la feuille de route nationale consacrée à l’intelligence artificielle.
Le chantier doit également s’étendre à d’autres solutions. Le ministère travaille sur plusieurs modèles destinés à sa future marketplace d’intelligence artificielle, avec des applications envisagées dans l’IA générative, le traitement du langage, la reconnaissance vocale et les services publics numériques.




