Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le développement de ses capacités de stockage énergétique. L’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) vient de lancer un appel d’offres international pour équiper la plateforme de recherche de Noor Ouarzazate d’un banc d’essai dédié aux systèmes industriels de stockage d’électricité par batteries.
Ce projet vise à renforcer les capacités nationales d’évaluation des technologies de stockage. Il permettra de tester différents équipements dans des conditions réelles, avant leur déploiement à plus grande échelle dans le secteur énergétique marocain.
L’investissement prévisionnel consacré à l’acquisition des équipements atteint 3,25 millions de dollars, soit près de 32 millions de dirhams. Le marché s’inscrit dans un programme plus large financé par un don de 3,95 millions de dollars de la Banque mondiale, destiné à soutenir la recherche appliquée et le développement des infrastructures expérimentales.
Le futur dispositif couvrira plusieurs étapes techniques. Le prestataire retenu devra assurer la conception, la fourniture et l’installation des équipements, ainsi que les travaux électriques et de génie civil nécessaires. Les essais de fonctionnement, la mise en service et la formation des équipes de Masen font également partie du marché.
L’objectif dépasse la simple acquisition de matériel. La plateforme devra fournir des données indépendantes permettant de comparer les performances des différentes technologies disponibles. Les résultats porteront notamment sur la capacité de stockage, la sécurité, la résistance aux cycles de charge et de décharge ainsi que la compatibilité avec les réseaux électriques.
Cette infrastructure pourrait ainsi jouer un rôle important dans les futurs choix d’investissement du Maroc. Les performances annoncées par les fabricants ne reflètent pas toujours le comportement des batteries dans les conditions réelles d’exploitation. Des essais indépendants permettront de mieux identifier les solutions adaptées aux besoins du système électrique national.
Le choix de Noor Ouarzazate présente également un intérêt technique. Les températures élevées et les variations climatiques de cette région constituent des paramètres déterminants pour évaluer la résistance des équipements. Le fonctionnement des batteries, leurs besoins de refroidissement et leur stabilité thermique pourront être étudiés dans un environnement représentatif des conditions rencontrées au Maroc.
La sécurité constituera un autre axe majeur des expérimentations. Les différentes compositions chimiques présentent des risques spécifiques, notamment en matière d’incendie, d’émissions gazeuses et de réactions thermiques. Les dispositifs de surveillance et de protection devront donc être adaptés à chaque technologie testée.
Les études préparatoires ont notamment examiné plusieurs familles de batteries, dont les technologies sodium-ion, zinc-air et plomb-acide. La capacité expérimentale envisagée dans les documents techniques initiaux reste inférieure à deux mégawatts. Les équipements devraient être installés dans des modules conteneurisés au sein des infrastructures de recherche existantes.
La sélection du fournisseur accordera une importance particulière aux compétences techniques. Les critères techniques et non financiers représenteront 70 % de la note globale, contre 30 % pour le prix. Cette répartition privilégie la qualité des équipements, leur fiabilité et la capacité du prestataire à assurer leur exploitation dans de bonnes conditions.
Le programme bénéficie du soutien de la Banque mondiale à travers une enveloppe globale de 3,95 millions de dollars. Il prévoit également des actions de formation et de partage des connaissances. Le Maroc participe ainsi à une initiative internationale associant notamment l’Inde et l’Afrique du Sud, avec l’ambition de comparer les résultats obtenus dans différents environnements climatiques et énergétiques.
La clôture du financement est désormais prévue pour octobre 2027. Les travaux engagés à Noor Ouarzazate doivent contribuer à mieux préparer l’intégration des solutions de stockage dans les infrastructures énergétiques du Royaume, alors que la montée en puissance des énergies renouvelables renforce le besoin de disposer de capacités capables de compenser leur intermittence.




