Le virage électrique marque un sérieux coup d’arrêt pour Honda au Canada. Le constructeur japonais a décidé de suspendre pour une durée indéterminée son gigantesque projet industriel autour des voitures électriques en Ontario, un investissement qui devait symboliser la montée en puissance de la filière nord-américaine des véhicules zéro émission.
Prévu autour du site d’Alliston, au nord de Toronto, le projet représentait près de 15 milliards de dollars canadiens d’investissements. Ottawa y voyait l’un des piliers de sa stratégie industrielle visant à transformer le pays en hub majeur de production de batteries et de voitures électriques.
Mais le contexte mondial a profondément changé en l’espace de quelques mois. Le ralentissement des ventes de véhicules électriques, la baisse de la demande en Amérique du Nord et les nouvelles orientations politiques américaines ont poussé Honda à revoir ses priorités industrielles.
Dans son communiqué, le groupe évoque notamment l’évolution des relations commerciales internationales, les ajustements stratégiques liés à ses ressources industrielles ainsi qu’un changement du comportement des consommateurs sur le marché électrique.
L’environnement politique américain pèse également lourdement sur le secteur. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence, plusieurs mesures favorables aux véhicules électriques ont été supprimées ou réduites, notamment certaines aides fédérales à l’achat. Une décision qui a immédiatement affecté le rythme des ventes et refroidi plusieurs projets industriels en Amérique du Nord.
Le Canada avait pourtant multiplié ces dernières années les accords avec les grands groupes automobiles mondiaux pour bâtir une chaîne complète autour des technologies propres. Outre Honda, Volkswagen avait également annoncé d’importants investissements dans les batteries électriques, profitant des ressources canadiennes en minéraux critiques et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée.
Cette suspension illustre désormais les hésitations qui traversent toute l’industrie automobile mondiale. Après plusieurs années d’accélération massive vers l’électrique, de nombreux constructeurs réévaluent leurs calendriers face aux coûts élevés de production, aux infrastructures de recharge encore insuffisantes dans certaines régions et à une demande moins rapide qu’anticipé.






