Le Maroc cherche à renforcer ses collaborations dans les technologies agricoles. Au Québec, une délégation réunissant l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et Domseeds a rencontré onze entreprises spécialisées dans l’innovation agricole. Les échanges, organisés le 16 septembre près de Montréal, visent à préparer des projets pilotes et de futurs déploiements commerciaux entre le Maroc et le Canada.
Cette initiative, portée avec Zone Agtech, ouvre des perspectives de coopération dans plusieurs domaines stratégiques. L’agriculture de précision, l’intelligence artificielle, l’automatisation et la gestion des ressources figurent parmi les secteurs explorés.
L’objectif ne se limite pas à présenter des solutions technologiques. Les partenaires souhaitent identifier des applications adaptées aux réalités agricoles marocaines, puis les tester dans des conditions concrètes.
Onze entreprises québécoises mobilisées autour de l’innovation
La rencontre a réuni Solugen Global, HerbiaEra, Nectar Technologies, Spectrai, Yadag, Ecohyolis, Bleiz, Leedana, Sentinus Technologies, Circulus Agtech et Agriculturix.
Ces entreprises développent des technologies couvrant notamment la production horticole, les technologies propres, l’intelligence artificielle et l’optimisation des ressources agricoles. Certaines sont dirigées ou cofondées par des entrepreneurs marocains ou d’origine marocaine, ce qui peut faciliter les échanges entre les écosystèmes des deux pays.
Pour les acteurs marocains, cette diversité représente une opportunité d’examiner des solutions répondant à des enjeux liés à la productivité, à l’utilisation de l’eau et à la modernisation des exploitations agricoles.
L’UM6P et Domseeds au centre du rapprochement
La coopération repose sur des compétences complémentaires. Domseeds, structure d’investissement et de création d’entreprises des Domaines agricoles, travaille à identifier et à développer des solutions destinées au secteur agricole.
De son côté, l’UM6P dispose de programmes de recherche et de formation consacrés à l’agriculture, à la fertilisation, à la gestion de l’eau et des sols ainsi qu’à l’exploitation des données agricoles.
L’université mène également des travaux dans les domaines de la télédétection, des drones, des objets connectés et de l’agriculture de précision. Ces technologies peuvent contribuer au suivi des cultures, à la cartographie des parcelles et à l’amélioration de la gestion de l’irrigation.
Sa présence au Canada constitue un point d’appui pour développer des liens avec les réseaux scientifiques et économiques nord-américains.
Des visites pour préparer des expérimentations sur le terrain
La délégation marocaine a également visité Vertiberry, spécialisé dans la production de petits fruits en environnement contrôlé, ainsi que les Serres Point du Jour.
Ces déplacements ont permis d’observer des installations agricoles et d’examiner les conditions nécessaires à l’intégration de nouvelles technologies. Pour les solutions destinées au Maroc, l’enjeu sera notamment de vérifier leur adaptation aux besoins des producteurs et aux contraintes des différents territoires agricoles.
Soulaf Slaoui, directrice des programmes d’accélération de Zone Agtech, a souligné le potentiel de plusieurs technologies québécoises pour répondre aux besoins du secteur agricole marocain.
La prochaine étape consiste à sélectionner les solutions pouvant faire l’objet d’essais communs. Ces expérimentations pourraient rapprocher les entreprises québécoises des producteurs, centres de recherche et partenaires marocains susceptibles d’accueillir les projets.
Pour Zone Agtech, cette démarche s’inscrit dans le développement des relations économiques entre le Québec et les pays francophones. Elle vise à favoriser des échanges durables entre entreprises, chercheurs et acteurs agricoles, avec la possibilité de transformer certaines collaborations en projets commerciaux entre le Maroc et le Canada.




