Le veto de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU sur le dossier du Sahara marocain provoque de nouvelles réactions à Washington. Le représentant républicain Joe Wilson appelle désormais l’administration américaine à durcir sa politique envers l’Algérie et le Front Polisario.
Le congressman de Caroline du Sud, membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a exprimé sa position samedi 31 octobre sur le réseau X. Il estime que le blocage du projet de résolution américain sert les intérêts de Moscou, de Téhéran, d’Alger et du Polisario.
Le 30 octobre, la Russie a opposé son veto au texte présenté au Conseil de sécurité. Celui-ci avait pourtant obtenu onze voix favorables, contre une voix opposée et trois abstentions. Ce recours au veto constitue une première dans l’histoire du traitement de ce dossier par Moscou, qui s’était auparavant abstenue lors de l’adoption de la résolution 2797.
Pour Joe Wilson, cette décision dépasse le cadre diplomatique du différend régional. Il y voit une tentative russe d’accroître son influence et de favoriser l’instabilité sur le continent africain. Le parlementaire considère également que le maintien d’une présence internationale et la recherche d’une solution politique fondée sur le plan d’autonomie marocain répondent aux intérêts de stabilité de la région.
Sa déclaration s’accompagne de deux propositions concrètes à l’adresse des autorités américaines. La première concerne le classement du Front Polisario comme organisation terroriste étrangère. Joe Wilson défend cette initiative depuis 2025 et a déjà déposé un projet de loi à la Chambre des représentants en juin de la même année.
Le texte bénéficie d’un soutien bipartisan. Le démocrate Jimmy Panetta figure parmi ses coparrains, aux côtés de plusieurs élus républicains. Cette démarche vise à ouvrir la voie à des mesures restrictives contre le mouvement.
Le congressman affirme que le Polisario entretiendrait des relations avec des acteurs soutenus par l’Iran et le Hezbollah. Il s’appuie notamment sur des éléments évoqués dans une enquête du *Washington Post*, publiée en 2025, concernant la formation de combattants du mouvement et la présence présumée de drones iraniens dans son arsenal.
La deuxième proposition vise directement l’Algérie. Joe Wilson réclame l’application de la loi américaine CAATSA, adoptée en 2017, qui prévoit notamment des sanctions contre les États réalisant des transactions significatives avec les secteurs de défense et du renseignement russes.
Le parlementaire reproche à Alger ses acquisitions d’armements russes et considère que ces achats renforcent les capacités militaires de Moscou dans une région stratégique. Une éventuelle application de cette législation pourrait avoir des conséquences sur les relations militaires et économiques entre Washington et Alger.
Cette prise de position intervient alors que le dossier du Sahara marocain connaît une nouvelle séquence diplomatique aux Nations unies. Le veto russe a mis en évidence les divergences entre les membres permanents du Conseil de sécurité et relancé les discussions sur les mécanismes internationaux consacrés au conflit.
Pour le Maroc, les déclarations de Joe Wilson illustrent également l’attention croissante accordée au dossier au sein du Congrès américain. Elles ne constituent toutefois pas une décision officielle de l’administration américaine. Toute désignation du Polisario comme organisation terroriste ou toute sanction contre l’Algérie nécessiterait des procédures institutionnelles spécifiques à Washington.




