Jet Energy veut profiter des investissements énergétiques du Maroc pour renforcer sa position dans les énergies renouvelables. La filiale de Jet Contractors prépare son introduction à la Bourse de Casablanca afin de financer son développement dans le solaire, les infrastructures électriques et le stockage d’énergie.
L’opération prévoit un prix de souscription compris entre 125 et 143 dirhams par action. Selon cette fourchette, le montant global de l’introduction devrait atteindre entre 328 et 375 millions de dirhams. Les fonds levés permettront à l’entreprise de saisir de nouvelles opportunités liées aux grands programmes énergétiques et aux projets d’infrastructures du Royaume.
Jet Energy dispose déjà d’un carnet de commandes de 1,5 milliard de dirhams. Ce portefeuille représente 4,4 fois son chiffre d’affaires de 2025 et couvre les exercices 2026 et 2027, ainsi qu’une partie de 2028. Le photovoltaïque représente 57% des commandes, contre 39% pour les infrastructures électriques. Le reste concerne l’exploitation et la maintenance.
La société reste toutefois fortement dépendante des donneurs d’ordre publics. À fin juin 2026, les commandes publiques représentaient environ 90% de son chiffre d’affaires, contre 83% en 2025. La concentration des contrats constitue également un enjeu : cinq projets représentent près de 78% du carnet de commandes. Parmi eux figurent les centrales solaires Noor Atlas à Tata et Tan-Tan, l’usine Stellantis et plusieurs installations électriques réalisées en sous-traitance pour Jet Contractors.
Le marché photovoltaïque constitue l’un des principaux moteurs de croissance attendus. Le management estime son potentiel à environ 6,5 GW, soit 36 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Jet Energy compte également se positionner sur les infrastructures électriques nécessaires aux grands chantiers nationaux, notamment ceux liés à la Coupe du monde 2030 et au développement des équipements hospitaliers et aéroportuaires. L’entreprise dispose déjà de références à l’aéroport Marrakech-Ménara et au CHU Euromed de Fès.
Le stockage par batteries représente un autre axe de développement. Plus de 6 GWh de capacités ont été annoncés au Maroc à l’horizon 2030 par différents acteurs publics et industriels. L’ONEE prévoit notamment 2 230 MWh, Masen 2 500 MWh et OCP 2 000 MWh. Jet Energy entend valoriser son expérience dans ce domaine, notamment grâce à un projet de 125 MWh réalisé pour OCP Green Energy à Benguerir.
L’entreprise envisage aussi de se développer en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Bénin figurent parmi les marchés ciblés. Les besoins en nouvelles capacités renouvelables dans ces pays sont estimés entre 1,5 et 2 GW d’ici 2030. Ces perspectives ne sont toutefois pas intégrées au plan d’affaires présenté pour l’introduction en Bourse. Leur concrétisation représenterait donc un potentiel de croissance supplémentaire.
Sur le plan financier, Jet Energy prévoit de porter son chiffre d’affaires de 339,6 millions de dirhams en 2025 à 1,16 milliard de dirhams en 2030. Le bénéfice net devrait progresser de 71 millions à 191 millions de dirhams sur la même période, soit une multiplication par près de 2,7.
Les prévisions tablent sur une croissance annuelle moyenne soutenue dans les premières années, avant un ralentissement entre 2027 et 2030. Cette évolution s’explique notamment par l’intégration préalable d’une grande partie des projets dans le carnet de commandes.
Selon les estimations présentées par Red Med Capital, le ratio cours/bénéfices de Jet Energy pour 2027 devrait se situer entre 9,9 et 11,3 fois, en fonction du prix définitif retenu pour l’introduction. La valorisation dépendra notamment de la capacité de l’entreprise à exécuter ses contrats, à maintenir son rythme de croissance et à transformer les opportunités liées au stockage et à l’expansion africaine en revenus effectifs.




