L’organisation de la Coupe du monde 2030 pourrait devenir un puissant moteur de transformation du marché de l’emploi au Maroc. Les projections présentées par Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie et des Finances, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, font état de plus de 840.000 emplois susceptibles d’être créés dans plusieurs secteurs d’activité.
Le bâtiment et les travaux publics devraient être les principaux bénéficiaires de cette dynamique. Ils concentreraient à eux seuls 52% des emplois attendus. Les autres secteurs représenteraient 28% des créations, tandis que les industries contribueraient à hauteur de 13,8%. L’hébergement et la restauration capteraient les 6,2% restants.
Ces perspectives reposent sur un vaste programme d’investissements destiné à adapter les infrastructures marocaines aux exigences d’un événement sportif mondial. Le chantier dépasse largement la rénovation des stades. Il concerne également les transports, les équipements publics, les capacités aéroportuaires et les infrastructures touristiques.
Parmi les projets structurants figure le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, sur un parcours de 430 kilomètres. Le programme prévoit aussi le développement des trains régionaux, l’extension des principaux aéroports et la réalisation de l’autoroute continentale reliant Rabat à Casablanca.
Le dispositif comprend également la modernisation de plusieurs enceintes sportives et la construction du futur stade Hassan II à Benslimane. Avec une capacité annoncée de 115.000 places, cette infrastructure figure parmi les projets emblématiques de la candidature marocaine.
L’impact économique pourrait se faire sentir bien avant le coup d’envoi de la compétition. Selon les estimations présentées dans le cadre du Projet de loi de finances 2027, l’investissement global devrait progresser de 21,2% entre 2023 et 2030. Cette évolution correspondrait à une croissance annuelle moyenne de 2,6%. Les investissements associés au Mondial contribueraient également à hauteur de 1,65 point par an à la croissance du PIB.
Le tourisme constitue un autre levier majeur de cette stratégie. Le Maroc ambitionne d’accueillir 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030. Les projections tablent sur un PIB touristique de 189 milliards de dirhams à prix courants et des recettes dépassant 156 milliards de dirhams.
Pour accompagner les préparatifs, le PLF 2027 prévoit également des mesures fiscales temporaires au bénéfice de la FIFA et des entités impliquées dans l’organisation. Elles concernent notamment l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu pour certaines rémunérations, la TVA ainsi que les droits de douane sur les équipements destinés à la compétition.
Au-delà des infrastructures, l’enjeu sera de transformer ces investissements en opportunités durables pour les entreprises marocaines et les demandeurs d’emploi. Le bâtiment, l’ingénierie, les transports, la logistique, l’hôtellerie et les services devraient être particulièrement sollicités durant les prochaines années.




