Le Maroc entend gérer la fin de la présence de la MINURSO dans ses provinces du Sud sans précipitation ni confrontation. Nasser Bourita a écarté toute expulsion des personnels de la mission des Nations unies. Le Royaume prévoit de leur accorder le temps et les facilités logistiques nécessaires pour assurer leur départ dans des conditions organisées.
Dans une intervention diffusée samedi 31 octobre sur 2M, le ministre des Affaires étrangères a insisté sur la distinction entre la fin juridique du mandat et le traitement réservé aux membres de la mission. Pour Rabat, le non-renouvellement du mandat entraîne la disparition du cadre institutionnel qui organisait les relations entre le Maroc et la MINURSO. Il ne justifie cependant aucune mesure brutale à l’encontre de ses personnels.
Cette position s’inscrit, selon Bourita, dans l’engagement du Royaume envers les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Le Maroc contribue à plusieurs missions internationales, notamment en République démocratique du Congo et en République centrafricaine, avec environ 2 000 militaires déployés. Le ministre estime que cette expérience impose au Royaume de gérer cette transition avec responsabilité.
Au-delà du départ des personnels, Rabat considère que la non-reconduction du mandat ouvre une nouvelle phase dans la gestion internationale du Sahara marocain. Plusieurs mécanismes qui rythmaient jusque-là le traitement du dossier pourraient perdre leur fondement.
Le ministre a notamment évoqué les réunions périodiques du Conseil de sécurité consacrées au renouvellement du mandat et à l’examen des rapports de la mission. Ces rendez-vous, organisés régulièrement sur la base des résolutions précédentes, ne seraient plus justifiés en l’absence d’un nouveau mandat.
La même interrogation concerne les rapports du secrétaire général de l’ONU et les interventions de son envoyé personnel, Staffan de Mistura. Leur cadre de référence reposait sur des dispositions précises des résolutions du Conseil de sécurité.
Bourita a toutefois rappelé que le Conseil conserve ses prérogatives générales en matière de paix et de sécurité internationales. Il peut donc se réunir à tout moment si les circonstances l’exigent. Une telle réunion relèverait néanmoins d’une initiative distincte des consultations périodiques liées au fonctionnement de la MINURSO.
L’autre enjeu concerne l’avenir du processus politique. Pour Rabat, les négociations reposaient sur des paramètres définis par les résolutions onusiennes, notamment la nature des discussions, les parties concernées et les objectifs recherchés. La résolution 2797, adoptée en 2025, constituait le dernier cadre de référence.
Son absence de renouvellement en 2026 pose désormais la question des modalités d’une éventuelle reprise des discussions. Le Maroc entend défendre une nouvelle approche, tout en maintenant son engagement en faveur d’une solution politique, pacifique et durable.
Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume continue de placer l’initiative marocaine d’autonomie au centre de sa démarche diplomatique. Cette orientation s’accompagne d’une mobilisation internationale visant à consolider les soutiens à la proposition marocaine.
Les déclarations du chef de la diplomatie interviennent alors que le veto russe du 30 octobre a provoqué une nouvelle impasse au Conseil de sécurité. Pour Rabat, cette séquence dépasse la seule question du renouvellement d’une mission onusienne. Elle pose désormais celle de l’évolution du dispositif international consacré au Sahara marocain et des conditions d’une nouvelle étape diplomatique.




