Le Maroc s’apprête à renforcer ses échanges avec les acteurs américains du gaz naturel liquéfié. Une rencontre organisée le 24 septembre prochain à Houston réunira cinq responsables marocains du secteur énergétique et plusieurs entreprises américaines spécialisées dans le GNL, les gazoducs, le stockage et les équipements gaziers.
Organisée avec l’appui de l’USTDA, l’agence américaine chargée notamment du financement d’études préparatoires pour de grands projets d’infrastructures, cette réunion doit permettre à la délégation marocaine de présenter les principaux projets gaziers du Royaume et d’échanger directement avec des industriels américains.
Aucun contrat d’achat de GNL n’a toutefois été annoncé à ce stade. Aucun fournisseur, volume ou prix n’a non plus été communiqué. La rencontre est présentée comme une plateforme destinée à mettre en relation les responsables marocains avec des entreprises américaines susceptibles d’intervenir sur différents segments de la chaîne gazière.
La délégation réunira des représentants du ministère chargé de la transition énergétique, de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) ainsi que de Managem. Parmi les responsables annoncés figurent notamment Sara Boukalda, Salwa Didi, Loubna Belrhazi, Tarik Oubaih et Mohammed Seghiri. La présence de Managem donne une dimension industrielle et privée aux discussions, notamment en lien avec les activités gazières développées à Tendrara.
Cette nouvelle rencontre s’inscrit dans le prolongement d’une mission effectuée aux États-Unis du 19 au 29 avril par des responsables énergétiques marocains, égyptiens et jordaniens. Le programme avait notamment conduit les délégations à Baton Rouge, La Nouvelle-Orléans et Houston, avec des visites d’installations de la filière gazière américaine et d’un terminal d’exportation de GNL.
L’enjeu prend une dimension particulière avec l’avancement du projet gazier de Tendrara, dans l’Oriental. Managem prévoit une première phase comprenant une installation intégrée de traitement, de liquéfaction et de stockage d’une capacité annoncée de 100 millions de mètres cubes par an. Les premières livraisons de GNL sont attendues à partir de la fin de 2026.
Une deuxième phase pourrait ensuite porter la capacité à 280 millions de mètres cubes de gaz naturel par an. Elle nécessiterait notamment une unité de traitement supplémentaire et un raccordement au gazoduc Maghreb-Europe, mais reste conditionnée aux études et à une décision d’investissement.
Pour les États-Unis, le Maroc représente également un marché potentiel pour les technologies et équipements liés à la chaîne du gaz. Depuis le début de ses activités dans le Royaume, l’USTDA indique avoir accordé près de 25 millions de dollars de subventions à des projets et partenaires marocains, soit environ 231,3 millions de dirhams. L’énergie figure parmi les secteurs prioritaires de son intervention, aux côtés notamment des minerais critiques, des infrastructures numériques et des transports.
La réunion de Houston réunira ainsi autour d’une même table les responsables de la politique énergétique marocaine, les acteurs de l’exploration et des infrastructures gazières ainsi qu’un opérateur privé engagé dans le développement de Tendrara.




