Pour de nombreux étudiants marocains francophones, le choix d’un établissement canadien pourrait désormais constituer une étape vers une installation durable dans le pays. Ottawa a reconduit son programme destiné aux étudiants francophones souhaitant poursuivre leurs études dans les provinces et territoires situés en dehors du Québec, avec une possibilité d’accéder ensuite à la résidence permanente.
Le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM) a ouvert une nouvelle période de candidatures le 26 août 2026. Le Maroc figure parmi les 33 pays dont les ressortissants peuvent présenter une demande dans le cadre de ce dispositif.
L’intérêt du programme réside surtout dans la continuité qu’il offre entre études et immigration. Les étudiants admis peuvent, après leur diplôme, présenter directement une demande de résidence permanente s’ils remplissent les conditions prévues. Ils n’ont donc pas à passer par les systèmes d’invitations fédérales ou provinciales utilisés dans d’autres parcours.
Cette possibilité reste conditionnelle : le candidat doit notamment avoir terminé son cursus, vivre hors Québec et conserver un statut de résident temporaire valide au moment du dépôt de sa demande. La participation au programme ne garantit donc pas automatiquement l’obtention de la résidence permanente.
Le dispositif cible spécifiquement les étudiants capables de suivre une formation largement dispensée en français. Le cursus doit être suivi à temps plein pendant au moins deux ans et conduire à un diplôme ou à un grade. Au minimum 50 % des enseignements doivent être proposés en français.
Les candidats doivent également déposer leur demande depuis l’étranger, obtenir une lettre d’acceptation d’un établissement participant et démontrer qu’ils disposent de ressources financières suffisantes pour leurs études et leur vie quotidienne, ainsi que pour les membres de leur famille qui les accompagnent éventuellement.
Le niveau linguistique demandé est fixé à NCLC 5. Ce seuil est inférieur au niveau 7 exigé dans les sélections francophones d’Entrée express, ce qui rend le programme plus accessible sur le plan linguistique à l’entrée. Les autres critères administratifs, financiers et scolaires restent néanmoins applicables.
Le réseau participant couvre plusieurs régions du Canada. Dix-sept établissements situés hors Québec sont actuellement concernés, notamment en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard.
Le parcours ne s’arrête pas au diplôme. Une fois leur demande de résidence permanente déposée, les participants peuvent également demander un permis de travail lié au programme afin de travailler hors Québec pendant l’examen de leur dossier. Certaines conditions permettent aussi à leurs proches de les accompagner au Canada.
Pour la période ouverte en août 2026, le Canada prévoit un maximum de 2 970 demandes de permis d’études jusqu’au 25 août 2027, ou jusqu’à épuisement du contingent. Ce nombre concerne l’ensemble des nationalités éligibles et ne constitue pas un quota spécifique réservé aux Marocains.
Le programme, lancé en 2024, a progressivement augmenté sa capacité. Après un premier contingent de 2 300 demandes, celui-ci est passé à 2 970. Sa prolongation jusqu’en août 2027 permet aux premiers bénéficiaires de poursuivre leur parcours jusqu’à l’étape de la résidence permanente.
Au 6 juillet 2026, 515 étudiants avaient déjà rejoint le Canada dans ce cadre, avec 150 membres de leurs familles. Les premiers participants doivent pouvoir terminer leurs études et déposer leur demande de résidence permanente à partir de 2027.
Derrière ce dispositif, Ottawa poursuit aussi un objectif démographique et linguistique : augmenter la présence de l’immigration francophone dans les provinces et territoires situés à l’extérieur du Québec. Le gouvernement canadien vise une part de 12 % de l’immigration francophone destinée à ces régions à l’horizon 2029.




