Les importations marocaines de blé dur canadien connaissent une forte accélération au démarrage de la campagne céréalière 2026-2027. Avec 228 707 tonnes réceptionnées en août et septembre, le Maroc s’impose comme le premier marché de destination des exportations canadiennes réalisées par les installations céréalières agréées.
Les volumes ont progressé de près de 269 % par rapport aux deux premiers mois de la campagne précédente, lorsque les expéditions vers le Royaume atteignaient 61 986 tonnes. Cette évolution place le marché marocain devant l’Italie, qui a importé 223 862 tonnes sur la même période.
Selon les données publiées le 29 octobre par la Commission canadienne des grains, le Maroc représente désormais 30,7 % des exportations recensées dans ce circuit. Sa part était limitée à 17,6 % un an auparavant. Cette progression témoigne du poids croissant du Royaume dans les débouchés internationaux de la filière canadienne.
La dynamique marocaine a particulièrement contribué à la hausse des exportations canadiennes. Sur les 392 202 tonnes supplémentaires expédiées par les installations agréées entre août et septembre, 166 722 tonnes sont destinées au Maroc. Le Royaume représente ainsi 42,5 % de l’augmentation enregistrée sur cette période.
Les expéditions restent toutefois concentrées sur le premier mois de la campagne. En août, les volumes destinés au Maroc ont atteint 172 974 tonnes. Ils sont ensuite retombés à 55 733 tonnes en septembre, soit une baisse de 10,1 % par rapport au même mois de l’année précédente. Cette répartition montre que la progression du cumul repose principalement sur les importants chargements réalisés en août.
La qualité des céréales constitue également un élément notable de ces échanges. L’ensemble des volumes destinés au Maroc appartient à la catégorie canadienne n° 1 CWAD, correspondant au blé dur ambré de l’Ouest canadien. Cette classification impose notamment un minimum de 80 % de grains vitreux et un poids spécifique d’au moins 80 kilogrammes par hectolitre.
L’Italie, deuxième débouché canadien, a pour sa part réceptionné du blé classé dans la catégorie n° 2 CWAD. Ses approvisionnements ont atteint 223 862 tonnes, contre 51 999 tonnes un an auparavant. Leur progression de 330,5 % réduit considérablement l’écart avec le Maroc.
La logistique des exportations révèle aussi l’importance des infrastructures canadiennes du Saint-Laurent. Environ 66,2 % des expéditions vers le Royaume, soit 151 298 tonnes, ont transité par les terminaux de cette zone. Le reste, représentant 77 409 tonnes, est parti de Vancouver.
Cette accélération intervient alors que le Maroc reste attentif à la sécurisation de ses approvisionnements céréaliers. La dépendance aux marchés internationaux rend les achats de blé particulièrement sensibles aux variations de production, aux coûts du transport maritime et aux conditions climatiques dans les principaux pays exportateurs.
Les statistiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada confirment l’importance de cette relation commerciale. Toutes filières d’exportation confondues, le Canada a expédié 421 000 tonnes de blé dur en août 2026. Le Maroc en a absorbé environ 51 %, devant l’Italie avec 26 %. Ces chiffres couvrent un périmètre plus large que celui des installations agréées.
La campagne précédente avait pourtant été dominée par d’autres marchés. Sur l’ensemble de 2025-2026, l’Algérie représentait 27 % des exportations canadiennes de blé dur, contre 18 % pour le Maroc et 17 % pour l’Italie.
Les perspectives de la nouvelle campagne restent néanmoins à surveiller. Le Canada prévoit une récolte de 6,42 millions de tonnes en 2026, contre 7,31 millions l’année précédente. Malgré les fortes expéditions du début de saison, les autorités canadiennes anticipent des exportations totales de 5,3 millions de tonnes, contre 5,85 millions lors de la campagne précédente.
Le prix moyen à la production du blé dur canadien CWAD n° 1 à 13 % de protéines est estimé à 290 dollars canadiens la tonne en Saskatchewan, soit environ 1 926 dirhams. Cette référence concerne le marché intérieur canadien et ne correspond pas au prix final du blé livré aux importateurs marocains.




