Le projet de rapprochement entre plusieurs sociétés minières canadiennes pourrait renforcer la présence d’un nouvel acteur international dans le secteur minier marocain. Au cœur de l’opération figure la mine polymétallique d’Akka, pour laquelle le futur groupe Silver Frontier Resources Corp. pourrait acquérir jusqu’à 75 % des intérêts.
Silver Hammer Mining et Stroud Resources ont annoncé une levée de fonds comprise entre 7 et 10 millions de dollars canadiens, avec la possibilité d’atteindre 12 millions de dollars canadiens en cas d’exercice complet d’une option supplémentaire. L’opération doit notamment permettre de financer les travaux d’exploration et le développement du portefeuille argentifère du futur groupe.
Le financement sera réalisé à travers l’émission de reçus de souscription au prix de 0,26 dollar canadien l’unité. Entre 26,9 et 38,4 millions de titres devraient être émis, auxquels pourraient s’ajouter jusqu’à 7,6 millions de titres supplémentaires dans le cadre de l’option accordée aux intermédiaires financiers.
La clôture de l’opération est prévue autour du 15 octobre, sous réserve des autorisations réglementaires et des approbations nécessaires des actionnaires.
Akka au centre du portefeuille marocain
L’intérêt pour le Maroc passe par SilverMark Resources, une société minière canadienne privée qui doit être intégrée au nouvel ensemble. Dans le cadre d’accords conclus avec SABI-AIM Minerals, SilverMark dispose du droit d’acquérir jusqu’à 75 % d’un portefeuille d’actifs miniers marocains.
Celui-ci comprend notamment l’ancienne mine polymétallique d’Akka, des propriétés associées, plusieurs concessions et permis de recherche ainsi que des zones de stocks miniers exploitées sous licence.
Les accords portent également sur les données techniques, géologiques et d’ingénierie, les droits de surface et les équipements liés aux différents actifs. SilverMark dispose par ailleurs d’un droit pouvant aller jusqu’à 75 % dans une installation de traitement existante disposant des autorisations nécessaires.
Pour le futur groupe, la présence de cette infrastructure constitue un élément important du portefeuille marocain. L’opération ne se limite donc pas à des droits d’exploration : elle englobe également des actifs miniers existants et des équipements susceptibles d’accompagner leur développement.
Un groupe minier réparti entre trois pays
Le rapprochement doit donner naissance à Silver Frontier Resources Corp., qui conservera une cotation sur la Canadian Securities Exchange. Le nouvel ensemble réunira les actifs marocains de SilverMark avec le projet argent-or Santo Domingo au Mexique et plusieurs projets argentifères détenus par Silver Hammer aux États-Unis.
Le projet Santo Domingo, situé dans l’État mexicain de Jalisco, dispose d’une estimation technique datant de 2017 faisant état d’environ 25,74 millions d’onces d’équivalent argent dans les catégories mesurées et indiquées, ainsi que 13,39 millions d’onces de ressources présumées. Ces chiffres correspondent toutefois à l’ancienne estimation et ne constituent pas une nouvelle évaluation.
Aux États-Unis, Silver Hammer conservera notamment Silver Strand dans l’Idaho ainsi que les projets Eliza et Silverton au Nevada et son option sur la propriété Fahey, dans la Silver Valley de l’Idaho.
La future société disposera ainsi d’un portefeuille réparti entre l’Afrique du Nord, l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, avec le Maroc comme l’un des principaux pôles de développement de ses activités minières.
La réalisation de plusieurs étapes prévues dans le montage financier sera déterminante pour la composante marocaine. Elle comprend notamment l’acquisition effective d’une participation pouvant atteindre 75 % dans Akka et les autres actifs concernés, ainsi que la publication ultérieure d’estimations de ressources minérales conformes aux normes applicables.
L’investisseur minier canadien Eric Sprott devrait participer au financement et devenir le principal actionnaire de Silver Frontier à l’issue du rapprochement. Les reçus de souscription donneront notamment accès à des actions du futur groupe ainsi qu’à des bons permettant d’acquérir des actions supplémentaires pendant une période de 36 mois.




