Le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) affiche un bilan encore limité, malgré des milliers de candidats invités à poursuivre leurs démarches vers la résidence permanente au Québec.
Depuis son lancement à l’été 2025, le programme a conduit à la délivrance de 2 792 Certificats de sélection du Québec (CSQ), selon les données arrêtées au 31 juillet. Le CSQ constitue une étape essentielle avant la demande de résidence permanente auprès du gouvernement fédéral.
Le contraste avec le nombre de personnes invitées est important. Québec avait invité 16 677 personnes à présenter une demande de sélection permanente. Parmi elles, 11 288 dossiers avaient effectivement été déposés.
Ces chiffres alimentent les critiques concernant le fonctionnement du PSTQ. Pour l’avocat spécialisé en immigration Maxime Lapointe, le programme n’a pas produit les résultats attendus. Il estime que de nombreux candidats se retrouvent dans une situation particulièrement difficile en attendant une décision sur leur dossier.
Le changement de rythme des invitations constitue également un élément majeur. Le gouvernement québécois maintient une cible annuelle de 45 000 immigrants permanents, tout en ayant fortement réduit le nombre de personnes invitées par le PSTQ. Le volume est passé d’environ 2 500 invitations mensuelles à près de 500.
Depuis juillet, le PSTQ n’est par ailleurs plus la seule voie permettant à certaines personnes immigrantes d’obtenir un CSQ. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a été relancé et permet de nouveau à certains travailleurs étrangers et diplômés du Québec de déposer une demande.
La réouverture du PEQ a rapidement provoqué un afflux de dossiers. Plus de 10 487 demandes ont été déposées depuis son retour au début du mois de juillet. Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) précise toutefois que toutes ces demandes ne seront pas nécessairement jugées recevables.
Le nouveau dispositif du PEQ impose certaines conditions. Les candidats doivent notamment disposer d’au moins deux années d’expérience professionnelle ou avoir obtenu un diplôme au Québec avant le 19 novembre 2025.
Pour les candidats déjà engagés dans le processus migratoire, l’enjeu dépasse donc les statistiques. Les délais de traitement peuvent avoir des conséquences directes lorsque les permis de travail arrivent à échéance. L’avocat Maxime Lapointe affirme recevoir régulièrement des dossiers de personnes confrontées à cette incertitude.
De son côté, le MIFI affirme avoir renforcé son organisation pour absorber les nouvelles demandes. Des équipes dédiées ont notamment été mises en place pour traiter les dossiers déposés dans le cadre du PEQ, tandis que l’examen des demandes du PSTQ se poursuit parallèlement.
Le gouvernement québécois entend désormais concentrer les invitations du PSTQ sur les personnes qui ne peuvent pas bénéficier du PEQ. Cette réorientation pourrait modifier sensiblement le profil des futurs candidats sélectionnés et le rythme auquel les dossiers aboutiront à un CSQ.




